Deux années d’alternance dans une grosse entreprise française, un Master 2 en poche, un CDI dans une startup parisienne à la cool… j’avais fait ce qu’il fallait pour être épanouie dans ma vie professionnelle… oui mais voilà, j’étais bien loin du compte !

(Suite à cette lecture, je vous explique dans un second article, comment j’ai lancé ma boite, concrètement, avec des chiffres)

Juillet 2006, mon BAC en poche, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de mes dix doigts (et de ma vie en général)… Petite, à la question « qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grande ? », je répondais le plus souvent « expert comptable ». Peut être parce que j’aimais trier par dates les tickets des notes de frais de mon père entrepreneur. Peut être parce que ça faisait plaisir aux grands, aux adultes, d’entendre cette réponse.

A l’issue de trois années de lycée, en filière scientifique (ça fait plaisir aux grands on a dit !) la sentence tombe : les études, ce n’est pas pour moi. Arrêter là n’est pas envisageable. Les filières pro, je n’y pense même pas… il faudrait déjà savoir vers quel métier j’aimerais me tourner pour choisir un CAP ou BEP ! La fac, je ne l’envisage pas. Me connaissant je tiendrais 2 semaines… Finalement, j’intègre une licence de commerce : 3 ans de cours bien généralistes dont 12 mois de stages répartis sur toute la durée de la licence. Ça me laissera le temps de trouver ma voie.

Le problème avec les études, c’est que quand on se prend au jeu, ça a un petit goût de « reviens-y ». Du coup, ma licence en poche, je continue sur une ESC (école supérieure de commerce) en alternance chez l’un des leaders du e-commerce français.

J’ai appris beaucoup de choses durant mes études, mais si je devais n’en retenir qu’une, ce serait celle-ci : « je ne suis pas faite, mais alors PAS-DU-TOUT, pour travailler dans une grosse structure ! ». Les N+1, les power point, les réunions à 12 dans la petite salle parce que personne n’a pensé à réserver la grande salle, les horaires (les HORAIRES, pire hérésie du monde : peut-on vraiment juger la qualité du travail d’un salarié en fonction de l’heure à laquelle il quitte le bureau le soir ? NON.) Bref…

A l’issue de mon Master 2, la grosse boite me propose un CDI. Je préfèrerais me raser les sourcils plutôt que de continuer à travailler ici… Mais peut-on vraiment cracher sur un CDI en temps de crise ? Par chance, une petite startup parisienne (dont je connais les fondateurs) me contacte : ils viennent de lever des fonds et cherchent à embaucher quelqu’un pour s’occuper de leur Webmarketing. Bon c’est à Paris, mais le poste est génial, le salaire correct, et je connais déjà une partie de l’équipe. BANCO !

Me voici donc, jeune cadre dynamique nouvellement parisienne, dans une startup super cool en pleine croissance ! Le rêve. Je suis le chemin que beaucoup aimeraient prendre et pourtant, très vite, un constat s’impose : je ne me sens pas à ma place. On m’impose des horaires, un bureau, des reportings… bref, j’ai des comptes à rendre (« oui c’est normal, on appelle ça avoir un emploi ! »).

Je ne suis pas faite, mais alors PAS-DU-TOUT, pour travailler dans une grosse structure !

Je finis par prendre mon mal en patience en imaginant qu’un jour, enfin, je rentrerai dans le moule…

Un dimanche midi, mon attention se porte sur le JT : un sujet traite de suicides d’adolescents suite à des bizutages. Dans la ligne de mire des journalistes : les réseaux sociaux qui amplifient le phénomène. Existe-t-il des associations, des institutions, des entreprises pour venir en aide aux parents d’adolescents impuissants qui rencontrent des problèmes sur Facebook ? Très peu.

De mon côté, c’est une révélation.

Je sais ce que je veux faire de ma vie ! Je veux aider ces gens ! Mieux ! Voyons plus grand ! Je veux aider toutes les personnes qui rencontrent des problèmes sur Internet ! 
Je veux devenir pompier du Web !

Après quelques recherches, c’est la déception : ce métier n’existe pas. Peu m’importe ! Je ne peux plus me détacher de cette idée. Elle m’empêche de dormir, elle me coupe l’appétit… Ce métier n’existe pas ? Et bien je vais le créer !

« Allo papa, maman, les copains, je quitte mon CDI ! Je quitte mon CDI et je rentre en province ! Je quitte mon CDI, je rentre en province et je monte une boite ! Je quitte mon CDI, je rentre en province et je monte une boite dans un domaine que je ne connais pas… parce qu’en fait il existe pas vraiment ! Enfin, pas encore ! Mais c’est… Allo ? Allo ? ».

Très franchement, j’ai reçu plus de soutiens le jour où j’ai voulu me couper la frange toute seule…

Me voici donc de retour, chez papa-maman, avec quelques mois de chômage devant moi (c’est peut être un détail pour vous mais pour moi ça voulait dire beaucoup ! Merci la France !) et un objectif : lancer ma société et devenir pompier du World Wide Web !

J’ai alors découvert des les joies de l’entrepreneuriat : les démarches administratives bien sûr, mais aussi les copains sur qui tu peux compter… jusqu’au jour où tu as effectivement besoin d’eux, les autres copains sur qui tu peux VRAIMENT compter (<3 à eux !), le système D, les remises en question, les crises d’angoisse et les montées d’adrénaline…

Quelques mois plus tard naissait ma première entreprise, ma petite boite à moi. J’ai fêté ses 5 ans en octobre dernier et, dans ses années les plus fastes, elle a compté dans son équipe pas moins de 4 pompiers du Web (encore 8 et on sort un calendrier !)

J’ai découvert la joie de ne plus avoir d’horaires ni de lieu de travail imposé… mais aussi de se lever le matin et de ne pas savoir par où commencer parce que personne ne t’impose de plannings.

J’ai échangé la pression des managers contre la pression du chiffre d’affaires.

J’ai acheté ma liberté au prix de l’inconnu (et d’un salaire bien moins élevé au départ !)

J’ai eu des doutes, mais jamais aucun regret ! Et surtout, j’ai appris une chose, que je pense être essentielle : « Si tu ne rentres pas dans le moule, façonne le tien ! ».

 

La suite de l’histoire, c’est par ici : comment j’ai créé mon entreprise, avec les détails chiffrés

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